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 "Frustration" est un mot tendre. — Aban Rhodri

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Alice M. Cooper

Alice M. Cooper


Messages : 15
Date d'inscription : 06/08/2012
Localisation : Bedroom. Without you !


"Frustration" est un mot tendre. —  Aban Rhodri _
MessageSujet: "Frustration" est un mot tendre. — Aban Rhodri   "Frustration" est un mot tendre. —  Aban Rhodri I_icon_minitimeVen 22 Fév - 14:40




I Will Be All That You Want


Your beautiful & worst nightmare

Frustrée.

Totalement et incroyablement frustrée.

Ça pour l'être ... Je l'étais, oui. Un mois que j'étais en mission, nuits et jours, sans une putain de journée de repos. Je ne savais pas comment tenait le miracle que je n'avais pas un seul micro-cerne sur le visage, mais il était là et c'est tout ce qui importait. Peut-être dû au fait que je m'étais nourrie en chemin. Je tenais ça de mon cher et adorable paternel, le fait d'aimer croquer certaines jugulaires pour me délecter de la liqueur pourpre, véritable source de jeunesse et antidépresseur assuré. Sauf que cela ne suffisait pas toujours. Voir rarement en fait.
L'action était une chose, et j'avoue que j'avais pris goût à cette adrénaline menaçante et dangereuse. Les missions s'enchainaient souvent, pour mon plus grand plaisir, parce que c'était pour cela que je vivais. Une enfant jouant avec un gun, une boule de papier mâché dans le corps d'une pute. C'était ce que j'étais. J'avais pris bien des visages, un seul nom restait. Toujours. Shadow. Une ombre brûlée par le soleil, aussi rapide que la pensée, mortellement efficace. Solitaire et poétique. Indécelable, ou presque. C'était là tout l'art que mon père m'avait transmise.

La mort est une éternelle danse, la vie, un combat sans fin. J'apprenais, encore, et il en serait ainsi jusqu'à la propre finitude de mon existence.

Oui. Mais il n'empêche que, malgré tous les préceptes, j'avais besoin d'une chasse. Autrement dit m'envoyer en l'air, en bonne et due forme. Je ne connaissais rien de mieux qu'une bonne dose de sexe pour enlever le stress accumulé par toutes mes pirouettes et cabrioles, par ce jeu du chat et de la souris. Une danse entre moi et l'autre, la mort qui guette. C'est d'ailleurs pour ça que j'étais là ce soir, dans cette antre sombre, dans ce bar couteux et remplit de mecs riches et sexys.
Habituellement je préférais les bouibouis colorés et les mamas afro-américaines, le calme et la chaleur humaine, la musique envoutante d'un bon vieux jukebox et les pancakes maisons décorés de fruits frais. Ce soir c'était cet acier froid parsemé de néons multicolores, vigiles et vodka. Deux mondes différents, coexistants pourtant, pour mon plus grand bonheur. J'irais voir le Bronx une autre fois.

Les yeux fermés, sirotant ma boisson fraiche, savourant le délicieux frisson glacé qu'elle me procurait, j'en venais pour me détendre à repenser à l'instant merveilleux où l'eau chaude de la douche s'était abattue sur moi. Le pied total, croyez-moi.
Prendre soin de mon corps était un luxe que je me devais d'avoir régulièrement, histoire de paraitre présentable. De nombreux masques, de la misérable pute camée à l'enfant de coeur, de la strip-teaseuse honnête à l'avocate verreuse, escort girl sexy ou simple serveuse. J'en avais presque oublié mon véritable visage. Le mensonge était une seconde peau, de la mèche de cheveux à l'ongle de l'orteil droit. Néanmoins, être totalement détendue arrivait une fois tous les trente-six du mois, et encore, uniquement lorsque ce jour était férié pour moi.
C'est pour ça que, même maintenant, il me fallait jouer, devenir autre, me faire oublier.

Disparaitre.

N'avoir jamais existé.

La routine, en soit. Mais ce soir, ce malheureux soir, j'étais bien déterminée à me détendre comme jamais, avant de repartir à la chasse aux infos dès le lendemain matin. Pour l'occasion, je m'étais offert une nuitée dans un palace, un de ces hôtels cinq étoiles où le séjour vous coûte un bras, avec la rolex comprise dans le tarif, et toutes vos chemises en soie. J'avais pris du temps pour moi, pour de vrai cette fois, avant d'enfiler cette petite robe noire et ses talons aiguilles assortis. Pas de flingues, pas de poignards, juste moi et la robe noire, la plus sexy et simple que je possédais.

Je savais déjà comment se passerait la soirée, sans pour autant n'avoir rien planifié. C'était une sorte de routine rassurante, que je faisais machinalement, comme l'on arme un beretta. La simplicité et l'efficacité prime, dans tous les cas.
J'étais sortie, emmitouflée dans mon manteau sombre et chaud, flânant dans les rues jusqu'à tomber par hasard sur le bar du soir, où je m'installerais tranquillement, attirant quelques regards. J'échangerais quelques mots avec les vigiles, avant d'entrer, m'installant au bar. Je me mettrais à l'aise, commanderais une vodka, dans mes pensées, la sirotant, jusqu'à ce que le premier mec m'aborde.
Jusqu'ici, j'avais eu 5 essais, dont 5 refus. Les mecs étaient certes sexys, ils étaient du genre collant ou trop inexpérimentés. Je ne cherchais pas la crème des crèmes, juste une belle gueule avec qui je pourrais m'amuser toute la nuit.
Je n'étais pas du genre à rester le lendemain. J'étais même la première à me lever et à filer, comme une voleuse. Pas de numéro, ni d'autre identité, aucun embarras, aucune promesse à part celle d'un délicieux plaisir, le temps d'un soupire. Je n'aimais pas les au revoir. Encore moins les à bientôt. Qu'importait mon nom d'ailleurs.

Ce soir pourtant, j'étais d'humeur nostalgique. Pour une fois, une seule, je ferais une entorse à la règle. Alice était un beau prénom après tout. Même si ce n'était pas véritablement le mien. J'ai reposé mon verre, le 6ème, me levant de mon siège. L'ambiance était bonne, sans pour autant que se soit le total bordel. Quelque chose de correcte, en soit. Certains dansaient même, un bon petit groupe composés de gens divers et variés, plutôt jeunes et éméchés dans la plus grande majorité. Pourquoi pas, après tout? Il était encore tôt de toute façon. Je trouverais toujours quelque chose à me mettre sous la dent même si le prince charmant de ne débarque pas.


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