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 Gott ist ein Popstar • Phillys

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MessageSujet: Gott ist ein Popstar • Phillys   Mer 5 Mar - 4:04

Von meiner brennenden Liebe
kann dich kein Dämon erlösen


Gott ist ein Popstar • Phillys
Nous oublions beaucoup de choses lorsque nous nageons dans l’oisiveté constante. Par exemple, le réveil. Qui aurait dû sonner il y a bien trois fichues heures. Je veux dire, hey bébé. Comment penses-tu que j’entretiens ce corps de rêve ? Il faut bien bosser, un minimum je veux dire, pour donner l’illusion que tout est parfait. Enfin, passons. Trois maudites heures supplémentaires à dormir. L’inconcevable. Depuis quand est-ce que je faisais des nuits de six heures ? Même une femme n’arrivait pas à m’épuiser autant. Peut-être étais-je malade ? Peut-être ce matelas était-il trop confortable ? Trop de question, et il n’est que neuf heures du matin … Et nous sommes un samedi.

Qu’est-ce que c’est que cette merde ? Je me pose la même question.

Que je vous explique, je suis un insomniaque en puissance. Le sommeil, je le règle en quatre heures, rarement plus, souvent moins. Et le must ? Je n’utilise l’excuse du café que pour draguer mes proies.
Je secoue la tête, encore peu réveillé, juste assez pour mettre un pas dans la réalité consternante.
Six fichues heures … Ma coloc’ doit se demander si je ne suis pas malade, surtout si elle est réveillée avant moi. Et franchement, vu l’heure, ça ne m’étonnerait qu’elle ne le soit pas. Quoi, ça vous étonne ? Bande de connards. Cette fille est, juste, en or. Vous pouvez bien essayer, vous ne lui arriverez jamais à la cheville. Pourquoi, me demandez-vous ? Premièrement, elle me supporte, et sans baver devant mes fesses le matin. Cet exploit. Ensuite, c’est une petite génie de l’informatique. Au point que, et bien, on s’éclate à échanger quelques codes parfois. Elle pourrait vous craquer n’importe quoi. Inutile de vous dire que notre dvdthèque déborde. De plus, nous suivons tous les deux le même cursus à la fac. Enfin presque. Et, pour couronner le tout, elle ne pose pas de questions sur mon emploi du temps désordonné, presque aussi chargé que le sien.
Cette femme est juste trop parfaite. Au point que même si le diable débarquait pour me susurrer des obscénités à son égard, je lui dirais d’aller se faire foutre. C’est, un peu, comme une petite sœur. Le premier qui la touche de travers, je l’éclate.
Vous ne me connaissez pas encore. Dites-vous simplement qu’il n’y a que peu de personnes que je respecte à ce point.

Ceci fait, revenons-nous en à nos moutons, c’est-à-dire, en peu de mots, à moi. Neuf heures, hu ? Comme quoi, même une cuite ne me fait pas grand effet.
Je bouge mon cul de sous cette couette trop chaude, m’étirant comme un chat, faisant rouler ses muscles délicieux sous ma peau légèrement halée, laissant mes neurones se reconnecter totalement. On y est ? Parfait.
Lève-toi et marche, chéri.
Ouvrons les volets, laissons entrer la lumière dans cette grotte chocolat aux allures cosy. Je passe ma main dans mes cheveux, laissant le soleil caresser ma peau et m’éblouir un instant. Le soleil … Invention merveilleuse. Je lâche un bâillement, avant de me détourner de l’air frais pour aller enfiler un caleçon.
Quoi ? Vous ne pensiez pas que ma perfection dormait habillé tout de même ? Allons, mes amours. Mon corps est fait pour la soie et le satin. Et quoi de plus sain que le toucher des draps fins sur une peau glorieuse dans toute sa nudité ? Delacroix m’aurait adoré.
Je souris, le miroir laissant apercevoir l’espace d’un instant un enfoiré sexy, aux dents légèrement pointues et à la barbe de trois jours, dans le miroir. Il parait que ça fait craquer les filles … Du moins c’est ce que susurrait la dernière hier soir, avant que je ne la fasse crier. Que voulez-vous ? Le monde appartient à la jeunesse, à condition qu’elle sache ce qu’elle veule et comment manœuvrer.

Une ombre de sourire en coin passe sur mes lèvres, et j’enfile un bas de jogging noir faisant office de pyjama.
Pour tout dire, j’ai déjà fait le coup à Phil’ de débarquer en caleçon. C’est même toujours le cas, surtout quand je ne suis absolument pas réveillé. Mais bon. Je tiens à son petit cœur, voyez-vous, et elle mérite mieux que le trou du cul que je suis. Elle mérite vraiment un gars correct, avec les cœurs et les chocolats plutôt qu’un dévoreur d’âme. Je secoue la tête, avant de m’étirer une nouvelle fois, et sortir de cette chambre emplit de mon parfum suave.
Je pourrais parfaitement ramener mes conquêtes ici, dans cette chambre à l’odeur masculine qui rendrait dingue presque n’importe qui. Et, oui, mon ego se porte très bien. Je l’ai même un peu délaissé dernièrement. Pour en revenir aux conquêtes, le problème principal serait qu’elles pourraient débarquer ici à nouveau pour me faire le coup de « oh mon dieu, toi et moi c’est pour la viiiie ». Imaginez les cris hystériques, les yeux larmoyants et vous y êtes.
Dieux, quelle horreur. Rien que d’y penser, mon échine est parcourue de frissons et mon estomac a une incroyable envie de vomir.
Heureusement pour ma santé mentale, les filles avec qui je m’envoie royalement en l’air ne sont pas toutes comme ça. Mais bon. On ne sait jamais sûr qu’elle folle on peut tomber, pas vrai ? Et puis, tout de même, cela serait manquer de respect à Phillys. Et croyez-moi sur parole, on ne manque pas de respect à une fille qui a les couilles de vous supporter presque H vingt-quatre, sept jours sur sept, sans se plaindre. Surtout que, techniquement, c’est son loft à la base. Donc, je suis plutôt son locataire. Hé. Pas mal, pas vrai ? Elle est vraiment meilleure que moi à ce jeu.

Je me dirige d’un air flegmatique vers la cuisine. Un coup d’œil rapide à gauche et à droite, pas de Phillys ni à gauche, ni à droite, ni même dans le canapé à se refaire la dernière saison de FRIENDS. Ce truc est véritablement ridicule. Mais foutrement drôle. J’hausse les épaules, avant d’attraper mon bol gros minet – ne vous foutez pas de moi à cause de cette merde adorable, ce bol à plus de valeur à mes yeux que vos fesses de blondes manucurées n’en auront jamais – et de le remplir de lait et de céréales Lucky Charm. Un parfait stéréotype, pas vrai ?
Attendez donc que je prenne place sur le bar et que j’allume les dessins animés. Ce que je finis par faire d’ailleurs. Comme tous les samedis matins.
Un truc me chiffonne néanmoins. Je veux dire, O.K., je suis un incurable enfoiré, un indécrottable maniaque du contrôle et j’adore ma petite routine du matin, même lorsque tout ne se passe pas comme prévu – du genre, je n’ai pas pu assurer son café et ses tartines ce matin puisque je me suis levé en retard. Mais tout de même !
De ce fait, vous comprendrez que je suis désormais inquiet, qu’est-ce que fiche Phil’ ? Elle devrait être avec moi en ce moment même, à regarder en riant Bip Bip massacrer une énième fois ce pauvre Vil Coyote. Ne t’inquiète pas, mon pote, je te soutiens à 200 %. Je soupire, presque résigné à manger mon petit dej’ tout seul, lorsque, enfin, j’entends la clé de la porte d’entrée tourner dans la serrure.

J’aurais très bien pu crier un Hallelujah.
Si seulement.
Erik, mon pote, tu as un don pour ce genre de choses autrement appelé emmerdes. Surtout l'état dans lequel Philly' était. Bon sang. Et dire que tu te trouvais une petite mine ce matin, et que tu étais prêt à l'accueillir avec ton traditionnel petit sourire en coin de parfait connard !
État d'urgence. Je pourrais presque entendre les sirènes de l'ambulance sonner et le premier ministre déclarer que la troisième guerre mondiale à commencée.
Comment dire ... Vite, un chocolat chaud ?


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Phillys Smith


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MessageSujet: Re: Gott ist ein Popstar • Phillys   Mer 5 Mar - 14:50

Vous vous êtes jamais demandé ce qui se produirait si dans une histoire le héros décidait de ne pas faire face à son destin ? Ou même s'il décidait de pas dépassé la limite tacite, de ne pas enclencher ce minuscule et invisible élément qui va bouleversé son univers.
Vous imaginez un peu l'affaire ? Si par exemple Thomas Anderson s'employait seulement à mener sa petite vie tranquille de programmeur/concepteur dans une humble entreprise de software. Il ne ferai pas de hacking, ne deviendrai jamais Neo, n'aurai pas à choisir entre deux pilules aux couleurs plus que suspectes, ne mènerai pas des combats inégaux et meurtriers contre des programmes tueurs de rebelles du futur, ne rencontrerai pas l'amour de sa vie pour le perdre ensuite, et sauver le monde au prix de sa propre existence dans l'indifférence la plus totale.
Il se serai emmerdé quoi !

J'y songe parce qu'au stade où sont mes réflexions, ce genre de débat est tout à fait approprié. Je dirai même qu'il s'applique à ma situation :
Si je ne n'avais pas mit le bout de mon nez dans la base de données du S.H.I.EL.D en quête d'informations -la connaissance c'est le pouvoir !- je n'aurai pas eu à bosser pour eux pour éviter de me retrouver en prison pour (entre autres choses) "Crimes et Délits informatiques" "Menaces" et "Mises en danger des États (dés)Unies d'Amérique". Tout ça parce que j'ai élucider quelques sales manœuvres et mis fin à des détournements de fonds d'entreprises nationales.
Bref ! Je n'aurai pas eu à bosser pour le S.H.I.E.L.D (Service Hautement Incompétent Et Littéralement Déficient/Dangereux/Délétère/ Tout autre adjectif Désobligeant) et ne monterai pas à présent les escaliers pour rentrer "chez moi" le front ouvert et l'épaule sanguinolente.

Le pire c'est que mes blessures m'indiffèrent. Elles ont également indifféré les pompiers et autres ambulances sur place.
Le problème c'est que je vais devoir expliquer la situation à mon coloc'. Coloc' qui je le crois ne trouvera pas naturel de revenir blessé de son boulot (par balle qui plus est) quand on est censée être simple serveuse et pas agent de terrain (ça dépend des jours) dans une organisation gouvernementale. Surtout quand on devait rentrer vers 2:00 am et qu'il est 9 heures du matin.
Le fait est que si je ne travaillai pas au S.H.I.E.L.D, je n'aurai jamais été transférée à la faculté de New York et je n'aurai jamais fait la connaissance d'Erik; comme ça au détours d'un rayon de bibliothèque alors qu'on voulait emprunter le même livre.

Qu'est-ce qu'Erik ? Ou plutôt qui est Erik ?
Et bien c'est l'étrange créature qui me sert de colocataire. Le type assez fou (entendez par là intelligent et génial) pour vouloir partager un appart' avec une insomniaque chronique souffrant d'hyperactivité, hackeuse, mutante. Un monstre quoi.
Erik, il a rien d'un monstre lui, en dehors des insomnies qui le hantent également il a l'air tout à fait normal. Si l'on exclu sa beauté surnaturelle à faire se pâmait une vierge pénitente.
Et c'est bien ça, il semble normale. Mais il ne l'est pas. Mais entre nous, cela n'a pas l'équivalent d'un quark d’importance.
Erik est surnaturel ? Je suis une mutante !
Erik ne rentre pas et collectionne les conquêtes ? Je n'ai PAS de vie amoureuse !
Erik est deux de tension et attentionné ? Je suis un ordinateur quantique à tendance soupe au lait !
On se complète et franchement peu m'importe ses secrets. Je suis certaine d'une chose : Erik est quelqu'un de bien .

Encore un étage ?
Ce qu'il sont longs ces escaliers, surtout quand on pense à ma vitesse, qu'on a pas dormi depuis 48 heures et que l'on s'est fait menacer, prendre en otage, frapper avec la crosse d'un pistolet et tiré dessus par des incapables.
Mais ça pourrait être pire; heureusement je portais un kevlar.

Arrivée à notre étage mes mains tremblent pour saisir les clés du loft.
Je pries tous les dieux que je connais (et ça fait un paquet de monde) pour qu'Erik ne soit pas là. Qu'il soit rester chez son rencart, aller acheter du lait à la supérette ou même en train de comater dans sa chambre.
Mais c'est peine perdu, pas de Dieux pour toi Phillys "Freaky" Smith alias Pollux, Erik est en chaire et en os dans notre salon, appuyé sur la bar, bol de céréales entre les mains devant les Looney Toons... Et il m'a entendu, s'est retourné et m'a vu entrer.

Je bredouille un "Hey Honey" en filant vers ma chambre, espérant lui échapper mais cela est vain. Trois enjambées de ma part et il à déjà posé son bol, volé vers moi et bloqué ma tentative de fuite en faisant barrière devant mon refuge.
Il est terriblement inquiet et je n'aime pas ça. Je préférerais qu'il me fasse une crasse, la voix rauque et la moue aux lèvres que cette étincelle de panique que je voie dans ses yeux. Ils sont anormalement perçant et je songe qu'il s'est déplacé bien trop rapidement alors qu'il amorce une mouvement dans ma direction.

Des dizaines de mensonges, discours et réponses fusent dans mon esprit, mais j'ai la sensation d'être tout à coup ralentie et engourdie comme si je ne percevais plus l'Univers qu'à travers le voile mouvant et assourdissant d'une cascade. Que vais-je lui dire ? Je ne veux pas le perdre.

Erik, comment va-t-on faire ?
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MessageSujet: Re: Gott ist ein Popstar • Phillys   Jeu 6 Mar - 2:21

Wieder lieg ich auf der Lauer
denn wir spielen unser Spiel


Gott ist ein Popstar • Phillys
J'entends son souffle hiératique. Je vois la sueur perler, goutte à goutte, sous l'effort qu'elle a du faire pour monter les escaliers. Maudits.
Inadmissible.
Incohérence.
Doute.
Peur.
Silence.
Appréhension grandissante.
Douleur.
Terrible.
Fracas épouvantable.
Mais par dessus tout ...

Par dessus tout ... La colère. Étourdissante. Et l'espace temps se déchire, une force m'avalant soudainement dans une dimension parallèle, les éléments se déchainant, avant que mon esprit soit à nouveau propulsé avec violence sur la terre ferme.

Où que ce fils de pute ait pu se planquer, je le retrouverais.

Je le retrouverais. Et alors, alors, un ricanement gutturale pourrait bien me prendre et saisir mon corps de convulsions douloureusement bienvenues.
Il va payer.
Tout du moins, c'est tout ce que mon esprit tordu et mon corps d'enfoiré ont ressenti sur le coup, en la voyant débarquer, misérable, blessée, les yeux fuyants.
Et il ne s'est déroulé qu'une seule, petite, minuscule, putain de seconde depuis qu'elle est rentrée.

Vous trouvez que j'en fais trop ?
Bande de ramassis de fumier. Même la langue universelle est trop pauvre pour expliquer cette maestria des émotions qui me fait chavirer.
Comprenez-moi bien. Cette femme est comme une putain de terre sainte pour mes fesses. Je pourrais tuer pour ses beaux yeux - j'en serais capable, je me souviens encore comment l'on fait.
Bordel de merde. Elle tremble de partout. Mon cul a littéralement volé de la chaise, j'aurais presque pu voir les poussières voleter autour de moi, tandis que mes yeux continuaient leur examen.
Je me retiendrais presque de hurler. Presque, parce que, effectivement, là, ça serait trop.
Néanmoins, une chose reste certaine. Si je choppe ses fils de pute, humains ou pas, gamins ou pas, armés ou pas, ... ils vont connaître le déchaînement de ma grande amie la colère.
Et, la connaissant, elle, ma très chère colocataire, même a du prier tout l'or du monde que mon petit corps sexy ne soit pas à l'appartement. Elle a surement du supplier pour que je sois encore chez ma conquête de nuit, alors qu'elle sait pertinemment que je ne reste jamais après pour la soirée post-baise.

Même sa voix est, pour moi, chevrotante. Dommage pour toi, Phillys Sexy Smith. Je suis plus grand, et, ma foi, plus musclé que toi. Plus rapide aussi, faut-il croire. Et, sur le moment, je me fiche totalement de savoir de quoi j'ai l'air. La partie la plus pénible de ma personne s'est réveillée en voyant ton état, et elle n'est pas prête de se rendormir de si tôt. Trop de choses à faire.
Je la fixe, mes pupilles dilatées au possible, éblouissantes. Elles doivent certainement avoir une couleur incongrue, plus vraiment humain. Noir abyssal, très certainement. A vrai dire, je dois très certainement être .. incroyablement effrayant.
Je ferme les yeux une ou deux secondes, reprenant mon souffle, me calmant, le temps que mes muscles noués et prêts à en découdre se détendent un peu. Je ne veux pas l'effrayer plus qu'elle semble l'être.
Inquiet ? Non, du tout. C'est une émotion étrange.

Je rouvre les yeux, qui doivent avoir repris une teinte plus ... humaine, certainement. Plus claire. La tension semble avoir diminuée aussi, le temps reprenant son droit, et, moi, je reprends mon méticuleux balayage visuel. J'avance doucement ma main vers elle, jusqu'à soulever son menton légèrement avec mon index, sondant son âme de mes pupilles lumineuses le temps d'une respiration, avant de lâcher cette bombe mémorable à mes oreilles.

« Raconte-moi... »

Une prière. Une supplique. Une voix douce, anormalement basse, rauque, chaude. Lucifer ne prie jamais. Il ordonne. Voilà la triste vérité, mes amis. Le voilà à ... supplier, le regard brillant d'une rage contenue, le corps tremblant, se retenant de serrer cet autre corps légèrement meurtri contre le sien, en proie à ses émotions violentes et pénibles.
Qu'il est bon d'être humain. C'est même, pour ainsi dire, jouissif.
Je regarde ses blessures, évaluant les dégâts, et l'un mot me traverse, il est Urgences.
Je ne veux pas lui faire peur. Un léger sourire en coin apparait sur mes lèvres, un brun charmeur, légèrement malicieux, une lumière joueuse s'allumant dans mes prunelles. Même ma voix reprend un octave ou deux. Je n'ai jamais été aussi foutrement sérieux de toute ma vie.

« Et ne va pas me dire que c'est cet abruti d'Antonio qui t'a encore fait du gringue, parce que si oui, il a une drôle de façon de le faire. »

Je lui pichenette le nez, avant qu'une idée incongrue ne me passe par la tête. L'attraper et, ma foi, la porter comme une reine jusqu'au canapé paraitrait une bonne idée. Elle aurait beau prier, gesticuler, hurler, gigoter, je n'en aurais fichtrement rien à faire. Je la maintiendrais fermement contre moi, en faisant attention à son épaule blessée, avant de la poser avec douceur dans le canapé - d'autant plus qu'il ne se trouve pas bien loin.
Oui. Une idée alléchante. Mais que je chasse aussi rapidement qu'elle m'est venue.
Je soupire un peu, avant d'enlever mon index et ramener mon bras contre mon torse, croisant les bras, mon épaule me maintenant désormais appuyé contre le mur.

« J'ai une proposition à te faire. Tu vas prendre une douche, tu soignes ce que tu peux soigner, puis tu ramènes tes petites fesses propres dans le canapé sans râler et moi je m'occupe du reste. D'accord ? »

Et, Mordicus, je suis prêt à parier tout ce qu'elle veut que si elle ne dit pas oui, je la laverais moi même, quitte à me faire frapper et traiter -une fois n'est pas coutume - de parfait salopard.


____________

Comment va-t-on faire ? Chérie, c'est si simple de répondre. Simplement, je dirais ... Comme tout le monde. Mais avec un coup de pouce que la majorité des gens n'ont pas, mais que, nous, nous possédons fort bien.
Avec cette saloperie addictive de chocolat chaud.



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MessageSujet: Re: Gott ist ein Popstar • Phillys   Jeu 6 Mar - 14:08

On se fixe durant un assez long moment.
Ou plutôt il me fixe, ses yeux parcourant mon corps, tandis que je tache de rester droite et de faire bonne figure.
Le calme m'envahit. Les sirènes qui résonnaient dans mon esprit se taisent et la tension électrique qui anime mes membre se tarit. La détente soudaine me fait trembler de part en part, je ne parle pas de peur de claquer des dents.
La sueur perle sur mon front et ma nuque, un léger filet de sang coule toujours de mon épaule. Saleté ! Ça va ruiner mon cuir et le parquet, mais ça m'est égale. C'est bien le dernier de mes soucis.

Je veux plaisanter : "Hey Lucky Boy, ne me prend pas pour une demoiselle en détresse. De nous deux c'est moi la justicière en noir.  "

Mais je manque de conviction et les mots meurent dans ma poitrine. Et je fais bien peut être de continuer à me taire. Erik n'est plus tout à fait lui même. Ou alors il est à présent plus lui même qu'il ne l'a jamais été.
Un amas d'émotions et de sentiments à vifs. De colère et de passion. Le tout si douloureusement retenu que j'ai la sensation qu'au moindre geste ses muscles vont exploser et déchirer sa peau et que je serai couverte de son sang. Il est tellement tendu que ses mains sont devenue blanches, ses poings si serrés que le sang a cesser de parcourir ses bras et que ses veines sont violettes. Je reste un temps focalisée sur ce contraste, sur cette beauté sauvage, emplit d'une rage qui pourrait me bruler.
C'est comme tomber nez à nez avec un jaguar au réveil, dans la pénombre de la jungle. C'est l'aube ou le crépuscule, entre chien et loup, peut être, et vous êtes fasciné par cette image, ce symbole d'un autre temps. Vous ne savez plus si vous êtes endormie ou éveillé mais vous êtes certain que votre mort approche.
Ma sueur se glace à cette idée. En relevant la tête je m'aperçois de deux fait.
1. La trotteuse s'est bel et bien arrêtée sur la pendule.
Aucun son ne retentit comme si tout autour de nous, la trame de l'Univers elle même (qui selon certains serait le bocage d'un grand arbre-monde) s'était figée dans l'attente.
2. Les yeux d'Erik ne sont plus de la même couleur.
Il sont noirs et brillants. L'air de rien je bouge légèrement le visage comme pour m'assurer qu'il ne s'agit pas d'un reflet. Une douleur aiguë traverse mon crane tandis qu'une image, presque subliminale, s'impose et s’imprime derrière ma rétine. Le monde autour de nous est une plaine de cendre, et une lame sombre étincelle dans sa paume, sous la lumière des derniers rayons du soleil.
Mon souffle difficile, après ma folle nuit et les escaliers, se bloque.
Je suis pétrifiée.

Erik semble s’apercevoir que quelque chose cloche. Il abandonne son rictus haineux qui déformait sa bouche au point de faire ressembler ses dents à des crocs. Dans cet espace où le temps n'a plus court, je le vois fermer les yeux et s'apaiser soudain.

Quand il les rouvre, tout est redevenu normal...ou presque. Sa main se tend vers moi et m'oblige à le regarder dans les yeux.
Bruns et chauds, inquiets.
Il y'a une lueur au fond de ses pupilles qui semble dire "je ne sais ce qui vient de se passer, mais je m'en balance. L'univers peut bruler, le temps se retourner, l'eau croupir et le pain se changer en poussière, je ne voie que toi".

Il parle et sa voix à l'inflexion chantante et invitante, douce tentation. Quelqu'un semble murmurer à mon oreille de me laisser aller, infléchir. Pourtant il me prie, me supplie. Si seulement il suffisait de te parler Erik. Mais tu m'as laissé un assez bon avant gout de ta rage, et je ne veux pas la voir se déchainer.
Bon sang ! Personne n'avait réagit ainsi pour moi auparavant. Personne n'avait eu de réaction si pure et entière à mon égard. Mon cœur bat plus fort avec reconnaissance. Je ne suis pas rentrée pour rien. Quelqu'un m'attend.

J'entend à peine la boutade qu'il me fait sur Antonio. Un camarade de notre cours Ethno/Socio, l'un des rares que nos deux cursus recoupent, mais passionnant. Le cours hein ? Pas Antonio !
Je lève les yeux au ciel et esquisse une moue. Mais sourire tire sur la peau de mon front et ma tempe. Je retiens une grimace et un haussement d'épaule. Les deux feraient encore plus mal.

Les doigt toujours sous mon menton il me claque le nez avec un sourire.
Ah, That's my boy. Voilà le Erik que je connait. On se contemple encore quelques instant et mes pupilles interrogatrices sondent les siennes. Il a une idée derrière la tête il semblerait, et mes pensées filent à cent à l'heure, tandis que dans mon esprit une alarme hurle qu'il a franchit les limites physiques imposées par la bienséance. La chaleur de son corps me traverse, mais je suis froide encore. J'essaye de découvrir à quoi il songe.
Il secoue la tête comme on chasse une pensée désagréable. Il recule et s’appuie nonchalamment sur le mur dans un contraposto à faire revenir Michel-Ange d'entre les morts.

Je l'écoute. Son discours me fait l'effet d'un vieux film de mafia
[insérer ici accent italien] "Je vais te faire une proposition que tu ne pourra pas refuser "...

Je le regarde, son calme apparent m'apaise, et souris.
Même si je le voulais, il ne me laisserai pas faire autrement, autant se laisser porter. Je ne pense même pas à le reprendre sur sa grossièreté. Depuis le temps qu'on habite ensemble, on est plus à ça près.

" - Sure Sunshine, on fait comme ça.Je murmure ma voix redevenu égale. Et si tu étais un gentleman jusqu'au bout et m'aidais à retirer ma veste ? "

Sous le couvert de la plaisanterie c'est une véritable demande. Je sais qu'il m'est impossible de retirer ma trench seule. L'enfiler en quittant les lieux tantôt, l'adrénaline transcendant mes veines c'était un jeux d'enfant. Presque aussi facile que d'accéder au site de la nasa. Et je ne plaisante pas quand il s'agit d'agence gouvernementale, j'en ai eu mon quota pour la vie. Et j'ai dix-neuf ans à peine, c'est vous dire.

Il m'aide comme il peut, avec des gestes plus doux que ce qu'il semblait apte à dispenser hier encore.
C'est pas une mince affaire, le sang séché colle ma peau et ma doublure et je manque de perdre l'équilibre quand on arrive enfin à séparer la chaire et le cuir, comme l'eau et le ciel. Je lâche un juron sous le coup. Il me semble l'entendre étouffé un rire.
Je récupère le manteau et le jette négligemment à une chaise haute accolée au bar, laissant dedans cartes, clés et portables (service et personnel) je me chargerai de ranger ça plus tard. Je tenterai bien de dissimuler l'étendue des dégâts, mais ce serai le tonneau des Danaïdes.

Mon épaule gauche est déchirée par une balle. Éraflée seulement, parait-il, mais ça ne change rien à la douleur. Du sang à largement éclaboussé mon débardeur blanc, si au moins ça peut détourner l'attention de mon décolleté pigeonnant... A droite un badge annonce :
"Sandy Baxter -hôtesse-". Je déglutis, encore un truc qu'il va falloir expliquer.
Je retire d'un mouvement rageur des pieds les talons aiguilles et marmonnant une litanie sur les foutues chaussures féminines pas pratiques.
Puis je file dans la salle de bain. Je laissé Erik statufié dans le living, devant les preuves de ma trahison qui annoncent toutes fièrement "ta colocataire n'est pas la tranquille hacker qu'elle semble être, bébé ! "

Je me dévêtis avec raideur après avoir verrouillé la porte. Un peu inquiète d'à quelles extrémités l'inquiétude pourrait pousser mon colocataire surprotecteur. Je sens des courbatures poindre et des bleues apparaitre, j'aurai un beau coquard sur l’œil droit lundi pour mon retour à la fac. Voilà qui risque de changer mon image de fille parfaite.
Une fois sous l'eau je m'empêche de hurler en mordant mon poing, ça fait mal, bon sang ! La douche lave le sang, la sueur et la poussière tout en révélant quelques éraflures bénignes. Décidément...
Il me semble entendre sous le jet d'eau le bruit de sonnerie de mon portable de service. Mais je ne m'en émeut pas, le S.H.I.E.L.D peut bien aller voir en Alaska si j'y suis. La sonnerie s'arrête, mais c'est mon cellulaire personnel qui s'y met. Assise sous le jet d'eau, je prie pour qu'ils se lassent avant d'appeler sur le fix car je ne pense pas que la patience -assez limité- d'Erik supporte ce brouhaha bien longtemps. Même quand on adore tout les deux Motorhead, que j'ai mit en alarme sur les engins.

La chaleur et la vapeur on du m'endormir car je me réveille toujours dans la douche peut être dix minutes plus tard, d'après mon bracelet montre que je retrouve dans la pile de fringues pelle-melle. Je rêve un instant au Kansas en sortant la trousse de secours, me remémorant les légendes indiennes que me racontait ma mère quand je me blessait petite.
Je me rafistole rapidement, grâces soit rendues au stage de premier secours dans la Division Washington et aux années passées à l'Institut Xavier.

J'enfile rapidement un short en jean et mon T-shirt Captain America avant de sortir et de mettre, sans grande conviction mes frusques à la machine. Une fois cela fait je m'écroule sur le canapé et demande à mon colocataire, les yeux fixés sur le parquet lambrissé.

- Tu veux la version longue ? Décommande ton après-midi Honey, parce que ça risque de prendre un moment.

Peut être que ça sert à ça les amis. Les vraies. A vous arrêter quand vous tomber et à vous accueillir, chocolat chaud à l'appuie, pour vous éclairer quand tout paraît sombre.[/color]
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